Patrimoine bâti
Patrimoine bâti
Un riche patrimoine
Habitée par l’homme au moins depuis 100 000 ans, la Haute-Saintonge, terre de transition entre le Nord et le Midi, a connu une histoire riche souvent mouvementée.
Celle-ci y a laissé des traces dans le paysage, le territoire recèle donc de nombreux trésors.
L’art roman de la Haute-Saintonge : un patrimoine d’exception
La Haute-Saintonge abrite un patrimoine roman exceptionnel, sublimé par une pierre locale de grande qualité, dont la finesse du grain et la douceur des teintes s’harmonisent délicatement avec la luminosité si particulière de la Saintonge.
Sous le jeu de l’ombre et de la lumière, l’architecture s’anime et les sculptures semblent prendre vie dans des scènes inattendues et insolites. Partir à la découverte de l’art roman de la Haute-Saintonge, c’est aller de surprise en étonnement au cours d’un voyage hors du temps.
L’héritage d’une société en plein essor
La Haute-Saintonge conserve de véritables merveilles de l’art roman saintongeais, un art qui se développe de la fin du XIe au début du XIIIe siècle, au cours d’une période de croissance démographique et économique. Les hommes défrichent les forêts, conquièrent de nouveaux espaces agricoles et bâtissent de nouveaux villages. Cet essor s’accompagne d’importants progrès techniques, d’une meilleure maîtrise des savoir-faire et de l’émergence d’artisans plus qualifiés permettant la réalisation de projets architecturaux plus ambitieux.
Quand le roman devient identité
Les églises saintongeaises se distinguent par la sobriété de leurs formes, l’équilibre de leurs volumes et l’originalité de leurs décors. Beaucoup ont en commun ces belles façades, qui font leur réputation, rythmées d’arcatures et d’élégantes colonnettes. Pourtant, chacune affirme son identité propre, qui la rend unique. Ici, on admire la pureté des lignes architecturales ; là, on s’étonne de la virtuosité des sculpteurs ; ailleurs, on s’attendrit de la délicatesse d’une fresque ou de la trace discrète d’un graffiti…
Et si ces églises semblent parfois modestes, ne vous y fiez pas ! Derrière une façade austère, peuvent se dévoiler un décor luxuriant et original ou des scènes parmi les plus invraisemblables.
À la découverte des plus beaux monuments romans
Au fil des balades, la Haute-Saintonge invite à la découverte de quelques-uns des plus beaux monuments romans saintongeais. Inscrits dans leur environnement, ils restent des marqueurs fonts de l’identité de ce territoire.<br>
De village en village, le patrimoine romans saintongeais raconte une histoire, un savoir-faire et une émotion singulière.
Le patrimoine de la Haute-Saintonge : un héritage discret
Le petit patrimoine de pays de la Haute-Saintonge se dévoile au fil des chemins, au cœur des villages et de paysages qu’il a contribué à façonner. Chaque fois, il témoigne de l’art de bâtir des Saintongeais, mais aussi d’un mode de vie aujourd’hui parfois oublié
Prendre le temps de regarder, un lavoir, un puits, un moulin ou le détail d’une façade, c’est voyager dans un passé finalement plus proche de notre époque qu’il n’y parait. Tendre l’oreille, écouter le murmure des pierres qui racontent les histoires et les traditions d’autrefois.
Un patrimoine riche et varié
En parcourant les chemins et les routes de la Haute-Saintonge, toute la richesse de son patrimoine se révèle. Un habitat y est varié : de la maison en moellons, au charme authentique, à l’imposant logis de maître richement décoré, témoin du faste de cette région viticole à la fin du XIXe siècle. Mais au-delà des habitations, un patrimoine plus modeste se niche dans les campagnes et les hameaux.
La mémoire de la vie vie quotidienne
Si les églises, les châteaux et les maisons attirent naturellement le regard, le petit patrimoine de pays reste l’une des richesses de la Haute-Saintonge. Il raconte la vie quotidienne des Saintongeais, jusqu’au milieu du XXe siècle. Un puits dans un village rappelle la gestion de l’eau jusqu’après la Seconde guerre mondiale. Un lavoir fait revivre les scènes animées des bughées (lessives). Une murette de pierre dessine encore les contours les anciens jardins et des chemins de villages… Ce petit patrimoine renseigne sur l’organisation de la vie rurale et participe à la compréhension du paysage.
Un patrimoine toujours vivant
Loin d’être oublié, le petit patrimoine saintongeais fait aujourd’hui l’objet d’attention particulière. Restauré et mis en valeur, il s’intègre harmonieusement dans son environnement contemporain.
Marqueur du territoire, Il est l’un des atouts du charme de la Haute-Saintonge. Il séduit les touristes et leur donne l’envie de revenir ou de rester pour partager l’âme de la Haute-Saintonge.
La Via Turonensis en Haute-Saintonge
La Haute-Saintonge est traversée par la Via Turonensis, l’un des itinéraires historiques menant à Saint-Jacques–de-Compostelle, reliant Tours à Ostabat. Au Moyen-Age, ce chemin accueillait de nombreux pèlerins venus du Nord de la France et de toute l’Europe.
Le chemin de Compostelle, entre apogée et renouveau
Après avoir atteint son apogée au XIIe siècle, le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle connaît une période de déclin au cours du XVIe siècle, marqué par de nouvelles pensées religieuses et les idées humanistes de la Renaissance.
À la fin du XXe siècle, les chemins de Saint-Jacques retrouvent un nouvel élan, porté par des marcheurs en quête de rencontres, de spiritualité, de patrimoine ou de nature.
En 1998, l’inscription des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle au patrimoine mondial de l’UNESCO participe à leur reconnaissance et à leur fréquentation. La Haute-Saintonge devient un lieu de passage privilégié des randonneurs en route vers la Galice.
Sur les traces des pèlerins
Aujourd’hui, le GR®655, reprend le tracé de la Via Turonensis. Il est jalonné d’édifices qui témoignent encore du passage des pèlerins du Moyen-Âge. Parmi eux, l’Hôpital des Pèlerins à Pons reste le plus emblématique. Mais en s’éloignant de l’itinéraire principal, d’autres trésors patrimoniaux sont à découvrir.
Un patrimoine marqué par les voyageurs
Les pèlerins entraient en Haute-Saintonge par Pons, poursuivaient leur chemin vers le sud et quittaient le territoire à Petit-Niort près de Mirambeau. Tout au long de leur voyage, des églises accueillaient leurs prières et leurs repos. Leur passage est encore visible dans les murs. De nombreux graffiti y sont gravés : pas de pèlerins, fer à cheval, représentation de pèlerins… L’église d’Avy conserve une remarquable fresque représentant une scène jacquaire, tandis que celle de Belluire abrite une statue de saint Jacques. Le château de Plassac possède toujours sa tour des pèlerins. Plus au sud, Petit-Niort marque la dernière étape saintongeaise avant l’entrée en Gironde.
Invitation à la découverte
Si vous empruntez le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, glissez vos pas dans ceux des pèlerins du Moyen-âge. N’hésitez pas à vous écartez de l’itinéraire principal pour suivre les routes de traverse. Elles réservent de belles surprises et de belles rencontres. Elles feront de votre traversée saintongeaise une étape riche en découvertes, avant de poursuivre votre chemin vers l’Espagne.
Un ensemble médiéval remarquable
L’hôpital des Pèlerins à Pons compte parmi les plus remarquables ensembles hospitaliers médiévaux de France. Construit à l’origine hors des murs de la ville, il accueillait les malades, les pauvres, les voyageurs et les pèlerins, leur offrant refuge, soins et repos, avant qu’ils ne reprennent leur route. Inscrit en 1998, au patrimoine mondial de l’UNESCO, au titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, ce monument emblématique contribue pleinement au caractère de Pons : Cité médiévale.
La fondation de l’Hôpital-Neuf au XIIe siècle
L’établissement est fondé au XIIe siècle par Geoffroy III, seigneur de Pons, animé par le souci du salut de son âme. Entre 1156 et 1180, il fait édifier un nouvel hôpital pour remplacer celui de la ville devenu trop petit et vétuste. Surnommé l’Hôpital-Neuf, il représente aujourd’hui, l’un des rares témoignages encore conservés de l’architecture hospitalière du Moyen Âge. Son passage couvert, reliait autrefois l’église, depuis disparue à la salle des malades. Ce lien entre les deux espaces illustre la double vocation du lieu : prendre soin des âmes et des corps.
La renaissance d’un patrimoine
Au fil des siècles, l’hôpital-Neuf connaît plusieurs campagnes d’agrandissements et de transformation. À la fin du XXe siècle, une importante restauration lui redonne toute sa splendeur. La salle des malades retrouve alors ses volumes d’origine, révélant une charpente exceptionnelle du XIIIe siècle. Le passage couvert conserve encore de mystérieux graffiti gravés dans la pierre. Le jardin d’inspiration médiévale riche en plantes aux vertus médicinales, évoque les savoirs thérapeutiques d’autrefois.
Une histoire à découvrir
Aujourd’hui, l’Hôpital des Pèlerins s’impose comme l’un des sites patrimoniaux majeurs de la Haute-Saintonge. Son architecture retrouvée, son atmosphère unique et la richesse de son histoire en font une visite incontournable. Le visiteur se laisse alors séduire par un lieu à la fois paisible et émouvant, où le passé semble encore présent.
Des messages gravés dans le temps
De tout temps, les hommes ont dessiné, gravé ou imprimé leur trace dans la pierre et le bois laissant une empreinte discrète de leur passage. Ces graffiti, parfois maladroits, parfois d’un esthétisme étonnant, parlent d’hommes qui, souvent modestement, ont souhaité témoigner de leur existence. À chaque fois, pour celui qui découvre ces marques parfois ténues, c’est la même émotion : celle d’une rencontre silencieuse entre deux êtres séparés par des siècles. C’est devenir le récepteur d’un message à déchiffrer, en imaginant la main qui l’a tracé.
Un patrimoine fascinant et mystérieux
La Haute-Saintonge regorge de ces graffiti disséminés dans les églises, les châteaux, les carrières et autres lieux. Ces gravures représentent des formes géométriques, architecturales, végétales, animales, des personnages, des blasons, des inscriptions...
Le temps efface peu à peu les traits, que l’on devine parfois à lumière rasante. Autant de missives lancées à travers les siècles par des bâtisseurs, des habitants du village, des passants et que nous recueillons sans toujours en saisir la signification.
Les graffiti de Moings : une oeuvre unique
Parmi ces graffiti, ceux de de l’église de Moings, constituent un ensemble exceptionnel. L’historien Jean Glénisson estimait qu’il n’existait « nulle part ailleurs d’équivalent». Véritable bande dessinée médiévale, les murs de l’église Saint-Martin déroulent des scènes de guerre autour de forteresses, où s’affrontent des cavaliers. La précision des traits et la maîtrise de l’espace témoignent de la virtuosité de l’artiste, qui savait pourtant que son œuvre serait recouverte par un décor peint. Aujourd’hui, le nom du graveur et l’origine des scènes demeurent inconnus... mais l’œuvre, elle, est unique !
Pour un voyage dans le temps
Les pierres des édifices saintongeais livrent ainsi des messages intemporels : un nom, une date, un visage, une image. Comme les pages d’un livre ouvert, elles invitent le visiteur dans un itinéraire énigmatique et passionnant pour le plonger dans un univers riche en émotions et mystères.
L'action de la Communauté
La Communauté des Communes de Haute-Saintonge œuvre en faveur de la conservation et de la valorisation de son patrimoine. Le service n’intervient que sur les communes et dans la mesure où il ne fait pas concurrence au secteur privé.
Aide au montage des dossiers de subvention ou de restauration
Suivi de chantiers de restauration du petit patrimoine de pays
Réalisation de circuits de visite en Haute-Saintonge en partenariat avec le service Tourisme
Réalisation de publications et d’expositions
Inventaire et gestion des collections archéologiques
Collaboration au chantier de fouilles de la villa gallo-romaine de Jonzac
Contribution à des publications d’articles, conférences
Conseil scientifique aux communes
En outre, la CDCHS participe aux manifestations nationales organisées par le Ministère de la Culture : journées nationales de l’archéologie, journées européennes du patrimoine etc.
